Hybridation énergétique : au-delà des technologies, l’enjeu du pilotage

Face à l’électrification des usages et aux objectifs de décarbonation, l’hybridation des systèmes énergétiques apparaît comme un levier majeur pour concilier performance, autonomie et maîtrise des coûts. Mais associer plusieurs sources d’énergie ne suffit pas : encore faut-il savoir les piloter et les adapter aux besoins.

C’est l’un des enseignements de la table ronde du rendez-vous marché « L’hybridation des systèmes énergétiques : une nécessité multi-échelles », qui a réuni des représentants d’Akajoule, Geps Techno, Thalès, Kinell et H2X Ecosystems, le 13 octobre dernier sur le site d’Atinéa à la Roche sur Yon.

 

« La clé de tout ça, de toute l’hybridation, c’est l’usage », résume Alexandre Mahé, de Kinell. Selon les applications, les priorités diffèrent : fiabilité pour les systèmes maritimes, compacité pour la mobilité, autonomie pour les équipements déployés sur le terrain. L’enjeu est donc de concevoir des architectures énergétiques sur mesure, plutôt que de juxtaposer les technologies. Et c’est bien ce que recherche Thalès, pour qui compacité et autonomie énergétique représentent un enjeu crucial pour garantir le fonctionnement des produits déployés sur le champ des opérations.

La performance repose également sur une gestion intelligente des flux. Batteries, solaire, groupes électrogènes ou hydrogène peuvent se compléter, à condition d’optimiser leur fonctionnement en fonction des besoins. Pour Guillaume Accarion, d’Akajoule, « la FLEX c’est hyper à la mode à toutes les échelles ». Cette flexibilité permet notamment de limiter les appels de puissance et d’éviter le surdimensionnement des réseaux.

 

À l’échelle des infrastructures, cette approche ouvre de nouvelles perspectives. Les ports, par exemple, peuvent combiner production renouvelable, stockage et récupération d’énergie pour couvrir une partie de leurs besoins. C’est notamment ce que propose Geps Techno avec le déploiement des digues à récupération d’énergie. Les travaux présentés par H2X Ecosystems autour du port de Brest illustrent également l’intérêt d’une approche globale : selon l’étude évoquée par Stéphane Paul, la combinaison des énergies et des besoins du client permettrait d’atteindre un retour sur investissement carbone en six ans.

 

Au-delà des solutions technologiques, un défi se dessine : décloisonner les expertises. Comme le souligne Stéphane Paul, de H2X Ecosystems, « il va falloir faire travailler les énergéticiens avec le Waste Managment, la mobilité avec l’immobilier et ainsi de suite pour créer justement cet écosystème ».

L’avenir de l’hybridation se jouera ainsi autant dans la capacité à piloter les systèmes que dans celle à faire converger les compétences et les acteurs.